Ça 100 le bouc… ou le musc !

BouquetinD’aucuns l’avaient prédit, certains l’avaient souhaité, le voici ce 100ème article!

Merci à tous!

Pour que ce billet ne soit pas tout à fait « comme les autres », qu’il ait quelque chose en plus pour la circonstance, il me fallait être différent. Mais comment? Faute d’idée originale je m’apprêtais, comme toujours, à vous offrir en guise de plaisir à partager, les délices des œuvres d’autres talentueux disciples d’Orphée.  J’y étais résigné – bien agréablement, bien sûr – jusqu’à cet instant de l’après-midi d’hier, où j’ai lu le commentaire de Christiane à propos de l’article précédent, « Imitateur ».

Etais-je dissimulé derrière les plumes, les claviers et les pinceaux de ceux qui flattent les pages de ce blog? Serais-je, moi aussi cet « imitateur » irrité de n’avoir pu être Rimbaud, Horowitz ou Rembrandt? Certes oui! Deux fois oui! Comme j’aurais aimé être l’auteur (son nom m’échappe) de cette phrase, merveille de modestie – si l’on se donne la peine d’enjamber l’apparence : « Ma plus grande humilité : ressembler à Dieu ».

Il m’a semblé toutefois percevoir dans ce commentaire un bien amical reproche : j’y ai lu, glissé en filigrane, un vif engagement à passer le nez, à me découvrir. Et puisque j’appartiens encore à cette espèce d’humains (désormais très rares) qui se découvrent pour saluer, j’ai décidé, même si, croyez-le, l’effort m’est coûteux, de me « découvrir », en forme de remerciement. Aussi, la modeste fable « à la manière de… » que je vous propose, est-elle du cru (fort lointain) de votre serviteur, sortie des vieux dossiers qui ne doivent d’avoir été conservés qu’à la vanité de leur propriétaire.

Production personnelle certes, mais non dénuée d’emprunts. Son titre : « Le bouquetin porte-musc ».

Si la forme est une pâle imitation du maître du genre, le fond est tout droit sorti d’une parabole puisée dans les propos d’un vieux sage d’orient.

Le bouquetin porte-musc est un petit mammifère vivant solitaire dans les montagnes himalayennes. A la période du rut (en réalité dans les mois froids de l’hiver), la poche qu’il porte sur l’abdomen se remplit de musc et le sécrète en abondance, dégageant de fortes effluves. Un leurre pour le pauvre animal qui ne comprend que trop tard que c’est en soi qu’il faut chercher d’abord… Nous le savons bien, nous. N’est-ce pas?

Le bouquetin n’a pas inspiré que les philosophes :

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16 réflexions sur “Ça 100 le bouc… ou le musc !

  1. En voilà une belle surprise. J’aime beaucoup cette centième fête et écouter cette page d’écriture. Ce bel animal et ce qu’il vous inspire devrait vous apporter un autre bonheur , celui d’une lecture rare : « Le poids du papillon » de Erri De Luca. (Gallimard). Une merveille…
    Hier, ce n’était ni un reproche, ni une curiosité mais au contraire un plaisir de découvrir au fil de votre blog les lectures , les œuvres d’art qui parlent de vous. J’aime beaucoup ces détours par les œuvres pour se trouver… et communiquer.

    • Je pense que ma semaine ne se terminera pas sans ce livre. Ne connaissant pas l’auteur, j’ai fouillé et trouvé une vidéo de quelques minutes où il exprime avec beaucoup de simplicité, sa vision du monde et de lui-même. Il ne faut pas mille ans pour saisir la qualité d’une belle âme. Voici le lien : http://www.dailymotion.com/video/xiquny_erri-de-luca-le-poids-du-papillon_news#.USc_sGcXqCM.

      Par ailleurs, vous aurez remarqué que j’ai pris soin de qualifier le « reproche » d’ « amical », précisant en outre que ce n’était qu’un ressenti personnel. Vous voilà absoute! Me voici un peu plus dévoilé!

      • Quel bonheur de découvrir cette vidéo. Oui, Erri De Luca s’y exprime avec beaucoup de simplicité. Je suis heureuse que vous pensiez à lire ce beau livre.
        J’avais bien lu le mot « amical »…

  2. « A quoi sert de quêter qualité qui envoûte autre part qu’en soi-même qui la possède toute » Ce « bouquetin est magnifique et son final époustouflant.
    Remercions donc Christianr de vous avoir poussé à vous « découvrir », cher Lélius, mais admettez qu’à ce rythme-là, il faudra en aligner des centaines de billets pour apercevoir le début d’un orteil du maître de ces lieux. Qu’importe, nous patienterons.

    • Merci Claudio, d’apprécier et d’avance merci pour votre patience. Je ne suis pas sûr qu’elle trouvera récompense en ces lieux, alors ajoutez y l’espérance. Votre commentaire est de toute façon bien sympathique, et me touche vraiment.

      • En répondant à Claudio, je n’avais pas encore entendu les rires complices de Mesdames Christiane et Héléna. Je leur présente donc aussi mes meilleurs vœux de patience et d’espoir. Et je les remercie de leur sympathique fidélité.

    • On ne m’avait jamais encore comparé à un millefeuille, j’apprécie. Mais les vraies gourmandes ne dégustent pas en place publique, si tant est que le gâteau s’expose dans la vitrine du pâtissier. C’est justement là qu’intervient la patience.
      Merci de votre gentillesse! 😉

    • Cher Lelius, voici un petit fragment de ce beau livre « Le poids du papillon » qui prolonge votre beau texte :
      « De là, un étroit sentier longeait la paroi. Il le parcourut et finit par apercevoir plus bas le pâturage des chamois. Son odeur se dégageait vers le haut, loin de leurs muqueuses..(…)
      L’homme s’allongea sur les cailloux au-dessus du précipice, il tendit le cou au-delà du bord, renifla l’air que respiraient les chamois.
      Il fut surpris de sentir le parfum d’amande des glandes, venant de si bas. Les sens donnaient une dernière acuité dans le temps final de la vie, une flambée…. »

      • Et un peu plus loin : « Avec le soleil dans ses paupières éblouies, la neige se transforme en bris de verre. Le corps et l’ombre dessinent le pronom « il ». L’homme dans la montagne est une syllabe dans le vocabulaire. »
        Je suis impatient de le terminer… pour le relire.

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